Un cil était tombé dans l'œil gauche d'Émile, son œil le plus performant. Ce poil recourbé qui chatouillait son globe oculaire, s'était dissimulé sous la paupière inférieure et le déloger de cette
niche humide relevait de l'acte chirurgical. Les doigts gourds d'Émile n'avaient pas cette dextérité qu'ont les artistes, réalisateurs de puzzles complexes, capables d'imbriquer les pièces, les
unes dans les autres, avec une célérité étonnante, aussi, son œil vitreux prenait une couleur purpurine des plus pourprée . Soudain, après maintes circonvolutions de la sphère oculaire, le cil
rebelle, fit enfin son apparition dans le caroncule lacrymal. Emile parvint à extirper le poil récalcitrant avec brio, habilement, à l'aide de son auriculaire salvateur.
Cette mésaventure lui inspira une œuvre, qu'il intitula, «
Follicule pileux nombriliste ».
Par Emile Zona
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