Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /2009 19:47
 Pour donner à son œuvre son pouvoir d’exclusivité artistique, Émile avait choisi de fabriquer son propre papier. Il laissa reposer, toute une nuit durant, dans un récipient d’eau chaude, une grosse poignée de cellulose déchirée en petits morceaux, légèrement teintée de terre de Sienne brûlée contenant 48 % d'oxide de fer rouge, ramenée de Toscane par son oncle baroudeur Arénophile. La pâte reposée avait pris une consistance soyeuse idéale, pour réaliser un excellent papier. Tout en broyant la mixture, il savourait d’avance, l’instant magique où les pigments colorés de ses aquarelles, imprégneraient le divin papier. Quand soudain, contre tout entendement, ce satané mixeur électrique, qui broyait la pâte en toute sérénité, s’emballa comme une girouette en plein mistral. La pâte à papier gicla dans tous les sens, macula tout l’atelier et aveugla Émile, qui balbutia entre deux crachats un borborygme que lui seul comprit. Il utilisa tout de même une partie de son œuvre qu’il intitula Pâton nombriliste, (en hommage au général Patton, grand éclabousseur historique s’il en est).
Par Emile Zona - Communauté : Les misérables
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Nombrilisme ovoïdal

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