En confectionnant son nœud de cravate, Émile se remémorait, le jour où, à bord de son "optimist", le moussaillon qu‘il était, dirigeait contre vents et marées, grâce aux deux drisses, la voile
aurique, gonflée par la brise. Le bateau avec le vent en poupe, fusait sur l'eau, tel l'hydroglisseur de « Mon ami Ben (
Gentle Ben) », jusqu'au moment où, contre toute attente, le drame se produisit: la corde se rompit et la frêle
embarcation partit au large, dans le ressac des vagues et les tourbillons d'écume, la voile en drapeau et les embrums marins dans les yeux. Malgré la peur qui le tenaillait, il assembla les deux
morceaux de drisses, fit un nœud de carrick, en serrant les dents. La voile se gonfla à nouveau, Emile vira de bord avec une bravoure étonnante et regagna la rive avec brio . Émile soupirait
d'émotion devant son miroir, il transpirait et son teint était écarlate, lorsqu'il remarqua que son nœud de cravate n'était pas un nœud ordinaire, cela ressemblait à un nœud marin, un noeud de
"Matthew Walker". Un noeud de marin qu'il allait avoir du mal à défaire sans s'étrangler. Cette histoire inspira une création qu'il publia
ici.
Par Emile Zona
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